Pourquoi préserver la friche Josaphat?

On n’a pas l’habitude de parler de la nature à travers la question de son « utilité ». Mais, ici, on emploie volontairement ce langage pour souligner le fait que la question de la nature en ville, n’est pas seulement une question émotionnelle qui préoccupe les « amis de la nature » … C’est une question de santé publique et de pérennité des politiques dites de « développement urbain »…

Nous demandons une alternative au projet « Josaphat » de sau.brussels … Et, au-delà de ça, nous voulons que le gouvernement bruxellois tienne compte du fait que …

  • La préservation du patrimoine naturel local contribue à résoudre des problèmes de santé publique qui affectent aujourd’hui l’ensemble des Bruxellois(es) à commencer par ceux qui vivent dans les zones le plus minérales.
  • Préserver la friche Josaphat c’est une façon de refuser que l’accès à la nature à Bruxelles se transforme (encore un peu plus) en une sorte de privilège social réservé aux habitants du Sud-Est… À deux pas de l’entrée de la friche, se trouvent les quartiers Conscience, Haecht et Helmet : des quartiers denses … où les habitants doivent pouvoir avoir la chance d’être mis en rapport avec le vivant.
  • Enfin, préserver cette friche c’est permettre à Bruxelles de se doter d’un outil pédagogique plus indispensable que jamais en ce début de XXIᵐᵉ siècle : un outil qui puisse faire comprendre et sentir la place qu’occupe aujourd’hui l’espèce humaine, parmi l’ensemble des espèces qui peuplent le territoire … Une « porte d’entrée » vers la monde des sciences naturelles.

La Région a financé des programmes de « résilience urbaine » en ce début de XXIᵐᵉ siècle. Elle s’est aussi dotée d’un plan Climat, et d’un plan Nature. Ces programmes vont dans la bonne direction … mais il s’agit essentiellement de déclarations d’intentions, lesquelles ne sont pas (encore) encore traduites dans les actes.

Nous pensons qu’en cette période de crises climatique, écologique et sanitaire la dépense publique en matière d’aménagement urbain doit viser exclusivement l’entretien et la réaffectation des surfaces bâties … et non la minéralisation des friches et autres refuges pour le vivant. Et, il serait absurde de penser que les mesures visant à rendre le bâti plus « durable » suffiront à compenser les dégâts.

L’actualité nous rappelle chaque jour – à nous être humains – que nos problèmes sanitaires, climatiques et écologiques viennent de notre entêtement à « aménager » notre cadre de vie au détriment des services écosystémiques qui le rendent possible et viable… Il est encore temps pour que Bruxelles, ville verte, enraie localement ce mouvement du destruction du patrimoine naturel… et montre l’exemple à d’autres capitales européennes ! Qu’est-ce qu’on attend ?